Aujourd’hui, exactement un an après l’arrivé au pouvoir de la présidence la plus audacieuse que la France ait jamais connue, Emmanuel Macron a charmé Trump, a ouvert les lois du travail et a rendu les Français plus favorables que jamais aux affaires. Mais ça aurait pu être si différent. Quelques années avant de devenir chef de l’Etat, Macron prévoyait de quitter la politique et de lancer une start-up pour l’éducation.

Des sources proches de Macron ont confirmé à la presse que l’ancien banquier d’investissement explorait le marché de la technologie de l’éducation – ou edtech, dans le langage de l’industrie – à l’été 2014.

Ses recherches ont eu lieu au cours des semaines qui ont suivi sa démission en tant que chef de cabinet adjoint du gouvernement de François Hollande et avant qu’il ne devienne ministre de l’Economie. De là, il s’agissait d’une procédure accélérée de trois ans à la présidence.

Pas étonnant que le président ait déclaré lors d’une interview en avril 2018:

« Je pense que je comprends très bien les entrepreneurs et les preneurs de risques. »

En 2014, Macron avait invité des gens du milieu universitaire et du monde des startups à son bureau près de l’Elysée, pour s’informer des perspectives de construction de sa propre entreprise.

« Il voulait créer quelque chose sur le marché de l’éducation », dit une source qui conseillait Macron à l’époque et qui souhaite garder l’anonymat. A ce moment-là, Macron n’était pas très connu.

Les discussions ont été informelles et ont exploré la dynamique du marché des technologies de l’information, qui devrait représenter 250 milliards de dollars dans le monde d’ici 2020.

Les idées de Macron pour une compagnie étaient vagues, mais selon les rapports de presse français il a projeté de commencer avec ses collègues Julien Denormandie, 37 ans, et Ismael Emelien, 31 ans.

Puis en août, l’ex-president Hollande a invité Macron à devenir ministre de l’économie, et ses projets de startup ont disparu après qu’il ai pris ses fonctions.

En avril 2016, il a co-fondé le parti centriste « En Marche » avec Denormandie et Emelien, qui sont maintenant son secrétaire d’État et conseiller stratégique. (Dans une autre vie, ses co-fondateurs auraient pu détenir des titres comme chef de produit ou directeur du marketing.)

Xavier Niel, le milliardaire des télécommunications qui a prodigué des centaines de millions de dollars à des entrepreneurs français, prévoyait d’aider Macron à créer l’entreprise, selon une source.

Le président a fait allusion à ces ambitions antérieures.

En juin 2017, un mois après le passage d’En Marche au pouvoir lors des élections nationales, Macron a prononcé un discours pour lancer Station F, l’immense incubateur de startups financé par le milliardaire Niel.

Debout devant une grande foule de start-up et d’ingénieurs lors de l’inauguration, Macron a révélé que trois ans plus tôt, il avait promis à sa femme Brigitte qu’il arrêterait la vie politique et monterait une entreprise.

« Je serais un entrepreneur », a-t-il dit, ajoutant: « C’est vrai, et Xavier Niel peut témoigner. » « Mais les choses ont changé: la station F n’existait pas à l’époque », dit-il, encourageant les acclamations.

Macron avait appris quelques minutes avant que ce «pivot» (ou pivote en français) était une forme de jargon de démarrage d’un autre entrepreneur, Antoine Martin, qui avait récemment vendu sa propre start-up Zenly à Snap pour plus de 200 millions de dollars. « Il ne connaissait pas le mot ce jour-là », se souvient Martin.

Macron était «vraiment intéressé par le domaine» de la technologie de l’éducation, explique l’une des personnes qui lui a parlé de son idée de démarrage à l’été 2014. Il voulait en savoir plus sur les autres start-up qui étaient déjà dans l’espace. « Il a posé beaucoup de questions, des questions intelligentes. »

Mais la trajectoire de Macron a été influencée par un changement de circonstance politiquement fortuit. Arnaud Montebourg, 55 ans, alors ministre de l’Economie de Hollande, a été « conduit à la sortie » et a démissionné de son poste le 25 août 2014.

Hollande avait besoin d’un ministre de l’économie, et il a débauché Macron.

Le reste, comme on dit, appartient à l’histoire.

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